Invités :
Laurence WITTNER, Palmarès 2008 des cosmétiques, éd. Leduc
Sylvie SCHAFER, pharmacienne, naturopathe
Joëlle LEGUEHENNEC, naturopathe
Commençons d’abord par quelques conseils sur l’alimentation avant de tomber enceinte (et valables quoi qu’il en soit) puis sur l'alimentation des bébés avant de se pencher sur les huiles essentielles et produits cosmétiques les plus adaptés pour eux.
Avant la grossesse :
Manger
plus de poisson est très important pour bénéficier des acides gras essentiels qu’ils contiennent : en effet, le cerveau du bébé a besoin de ces acides gras pour se constituer,
donc il faut en manger sinon l’enfant les piquera à la mère (ce qui explique que les femmes ont souvent moins de mémoire après un accouchement !)
Bien évidemment, il faut varier les huiles végétales (tournesol, colza, olive, argan…) et celles-ci doivent être de bonne qualité, bios de préférence car les huiles dissolvent très bien les pesticides, donc on retrouve tout dans son assiette (hummm…).
Il est important de manger bio pour avoir le moins de pesticides possible car ces derniers altèrent la fécondité féminine, mais surtout masculine !
Il vaut mieux privilégier les viandes blanches, le poisson à la viande rouge.
Nécessaire de manger des légumes crus et cuits à chaque repas, une alimentation équilibrée tout simplement.
Après la naissance :
Nos trois intervenantes sont d’accords pour dire qu’il ne faut pas diversifier trop tôt l’alimentation de nos enfants, et que l’idéal est d’allaiter, quand c’est possible, le plus longtemps
possible (jusqu’à 24 mois maxi).
Elles considèrent les produits laitiers comme une erreur alimentaire pour une femme enceinte. Les produits laitiers déséquilibrent beaucoup trop la flore intestinale (donc notre immunité en pâtit) et c’est très regrettable car c’est la mère qui transmet son immunité au bébé en l’allaitant surtout, mais aussi lors de l’accouchement car le bébé boit la flore intestinale de sa mère dans le vagin, et se constitue ainsi sa propre flore car il en est dépourvu jusqu’à ce moment.
A noter que le lactosérum ressemble quand même plus au lait maternel, contrairement à la caséine du lait de vache qui est plus adaptée au veau.
Pour allaiter, il faut le vouloir car sinon cela peut créer un conflit entre la mère et l’enfant, qu’il vaut mieux éviter, donc cela doit rester un plaisir.
Avant 6 mois, évitez le lait végétal pour un bébé car
il ne contient pas de protéines.
Si vous devez remplacer le lait maternel, celui qui lui ressemble le plus est encore le lait de jument ou d’ânesse, qui est certes un peu cher, mais les juments sont traitées à
l’homéopathie, pas d’antibiotique, etc… alors pensez que cela peut faire un très joli cadeau de naissance au lieu des indétrônables grenouillères et autres bavoirs en quadruple
exemplaires.
Lorsque l’on allaite un enfant jusqu’à 11 ou 12 mois, il n’a pas besoin d’autres aliments.
Si l’allaitement est difficile, il est possible de diversifier l’alimentation avec des légumes tout d’abord pour ne pas habituer le bébé au goût sucré et ils sont moins allergisants : donc après 6 mois par exemple, vouspouvez essayer de donner une petite patate et un légume différent chaque jour, et ensuite petit à petit introduire les fruits.
Après 8 mois, vous pouvez commencer à introduire une petite cueillere à café de protéines par jour.
Petit point sur les petits pots et autres plats préparés « pour bébés » :
Souvent, les mamans donnent ce genre de préparations à leur enfant en ayant très bonne conscience car la publicité nous vante leur « équilibre nutritionnel » et le plein de vitamines pour les enfants (merci la pub !).
Sylvie SCHAFER nous ouvre les yeux sur la réalité de ces plats : il s’agit de légumes en conserve, et comme nous n’imaginerions pas manger des boîtes de conserves tous les jours, pourquoi infliger ce régime à nos enfants ? Par ignorance me direz-vous car vous ne le saviez pas… et bien maintenant vous savez.
Ces petits pots doivent donc être occasionnels car c’est pratique effectivement, rapide, mais faire cuire un légume à votre enfant sera aussi rapide, et tellement meilleur pour sa santé.
Dernier argument s’il en fallait un : ces plats préparés contiennent du sucre, du sel, du gras et se trouvent dans des contenants en plastique à passer au micro-ondes ! Lorsque le plastique qui est en contact avec les aliments est chauffé, des substances nocives (« stalacs ») passent dans les aliments que l’enfant mange (ça marche aussi pour nous !) et c’est un facteur de croissance cancérigène, de problèmes d’oestrogènes, etc…
Enfin, croyez qu’un enfant ne refusera pas de manger, même des légumes, si ses parents mangent avec lui, la même chose que lui !
Quelques huiles essentielles (HE) pour enfant :
Comme on l’a déjà vu, les HE peuvent être dangereuses si elles sont mal utilisées, et pour un bébé qui ne parle pas, il vaut toujours mieux aller voir un médecin en cas de doute puis être accompagné par un aromathérapeute.
En voici tout de même 3 qui valent le détour :
Thym à linalol : très doux pour un bébé, elle est utilisée dans les hôpitaux, anti-infectieux très efficace en diffusion pour tous les problèmes ORL, 5 min de diffusion par heure et jamais quand un bébé de moins de 6 mois est présent dans la pièce. C’est régulant donc elle calme, tonifie et régule l’appétit.
Bois de rose (à 80% de linalol) : très douce, n’irrite pas, à appliquer sur la peau mais toujours diluée dans une crème, du beurre de karité ou une huile (noyau d’abricot ou macadamia par exemple) en massage sur le haut du dos du bébé pour les problèmes ORL, mais c’est également très bien contre les fesses rouges à cause des couches.
Petit grain bigarade : à respirer, cette HE équivaut au gros doudou, comme un câlin pour réconforter l’enfant surtout dans les phases de séparation d’avec la mère, ça l’aidera à lutter contre ses angoisses. Il est possible d’en mettre une goutte sur le doudou de l’enfant, ou de mettre quelques gouttes d’HE complétée par une huile végétale dans une petite fiole quand
l’enfant est plus grand et qu’il pourra sentir dès qu’il sent une petite angoisse au cours de la journée.
Passons maintenant aux bons conseils cosmétiques distillés pas Laurence WITTNER :
Il est très important de choisir des cosmétiques efficaces mais inoffensifs pour vos enfants, surtout pour les bébés qui n’ont pas de barrière protectrice sur la peau contrairement aux adultes.
Attention aux gels lavants et aux lingettes très pratiques mais qui contiennent beaucoup de substances toxiques.
En réalité, vous n’avez pas besoin de beaucoup de produits, trois suffisent :
- un pour le laver
- un pour le siège souvent irrité
- un pour une petite toilette rapide dans la journée
Il est préférable de choisir un produit sans colorant, sans parfum, alors c’est déjà bon signe sur le reste de la composition du produit.
Si vous voulez parfumer bébé, choisissez tout simplement une eau florale.
Enfin, dernier petit test que vous pouvez faire vous-même et qui vous mettra désormais la puce à l’oreille : plus un produit mousse et plus il contient de tensioactifs agressifs pour la peau et c'est bien inutile lorsque l'on sait que c’est pas la mousse qui lave !
Petit bémol : lorsque les tensioactifs sont dérivés du sucre ou de la betterave, ils seront déjà moins
agressifs.
Quelques marques recommandées : Bébé Cadum, Avène, Cattier, Forest People, Bioderma…
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander